Donne leur une seconde chance : ils pensent encore que l’argent, c’est un truc d’hommes

"l'argent, c'est un truc d'hommes"

On parle souvent de sens, de vision, de talent. Rarement de tes chiffres.

 

Tu sais par­ler de ton pro­jet avec les tripes. Tu sais pour­quoi tu le fais. Ce qui te  manque, ce n’est pas la convic­tion, c’est un œil clair sur tes chiffres.  Ça tombe bien : ça s’ap­prend.

Ce n’est pas un don ré­ser­vé aux “ma­theuses” ou aux anc­iennes comp­tables. C’est une com­pé­tence, comme les autres.

 

Femme sous une pluie de billets de banque, illustrant la prise de pouvoir sur ses finances et son activité
Et si l’argent arrêtait de te tomber dessus… et commençait à te revenir ?

L’expertise financière, la grande oubliée de l’entrepreneuriat

Quand on lance son ac­ti­vi­té, on pense pro­duit, com­mu­ni­ca­tion, po­si­tion­ne­ment.  Le pi­lo­tage fi­nan­cier ar­rive gé­né­ra­le­ment en der­nier, ou pas du tout.  Ce­pen­dant, je te l’avoue : moi aus­si, j’ai dé­lé­gué cette com­pé­tence. Ain­si, je  croyais que je n’y com­pren­drais rien, que je ne sau­rais ja­mais faire aus­si bien qu’un  homme, alors je lais­sais cette par­tie à mon conjoint, per­sua­dée qu’il se­rait plus capable que moi de s’en oc­cu­per.

Je n’au­rais sans doute ja­mais re­mis cette évi­dence  en ques­tion si je n’avais pas été confron­tée, le jour de notre sé­pa­ra­tion, à la pré­cari­té que cette croyance m’a­vait ame­née à vivre. J’ai fini par com­prendre que cette  com­pé­tence était ac­ces­sible, si j’ac­cep­tais d’ap­prendre. Mais, je por­tais une  croyance so­li­de­ment an­crée sur ce su­jet, et il m’a fal­lu beau­coup d’ef­forts pour  m’en dé­faire.  

Ce pré­ju­gé là n’est pas ano­din. Notre rap­port à l’ar­gent, à l’ad­mi­nis­tra­tif, à ce  qu’on es­time va­loir : c’est souvent un vrai point de blo­cage dans l’éman­ci­pa­tion  des femmes dans leur ac­ti­vi­té.  

Ce blo­cage a une his­toire très concrète. En France, il aura fal­lu at­tendre la loi  du 13 juillet 1965 pour qu’une femme ma­riée ob­tienne le droit d’ou­vrir un compte  ban­caire, de tra­vailler et de gé­rer ses biens sans l’au­to­ri­sa­tion de son mari.  Soixante ans, ce n’est rien à l’échelle d’un in­cons­cient col­lec­tif.

Le droit a chan­gé du  jour au len­de­main. La croyance in­té­grée, elle, ne s’ef­face pas aus­si vite. C’est juste­ment une des rai­sons pour les­quelles tant de femmes vivent au­jourd’­hui une in sé­cu­ri­té fi­nan­cière dif­fuse avec la charge men­tale qui va avec.  

Quelques chiffres pour ob­jec­ti­ver ce res­sen­ti : en 2025, 67 % des femmes se  dé­clarent stres­sées, contre 48 % des hommes, la charge men­tale liée aux res­ponsa­bi­li­tés fa­mi­liales et fi­nan­cières étant l’un des fac­teurs iden­ti­fiés (Ob­ser­va­toire du  Stress, Fon­da­tion Ram­say San­té). Sur le plan sa­la­rial, l’écart de re­ve­nu entre  femmes et hommes reste de 22,2 % tous temps de tra­vail confon­dus en France, et  en­core de 14,2 % à temps de tra­vail iden­tique (In­see, 2025).  

Au­tre­ment dit : l’in­éga­li­té n’est pas qu’un res­sen­ti, elle est me­su­rable, et elle  nour­rit di­rec­te­ment l’in­sé­cu­ri­té fi­nan­cière dont on parle ici.  

Pour beau­coup d’entre nous, cette his­toire ne s’ar­rête pas à une croyance in­divi­duelle. La po­li­to­logue réunion­naise Fran­çoise Ver­gès, dans « Un fé­mi­nisme dé­colo­nial », montre à quel point ce rap­port à l’ar­gent est aus­si fa­çon­né par une his­toire  col­lec­tive : celle d’un “ca­pi­ta­lisme fon­ciè­re­ment ra­cial et pa­triar­cal”, qui a long temps as­si­gné aux femmes ra­ci­sées et is­sues de ter­ri­toires co­lo­ni­sés une place de  tra­vailleuses in­vi­si­bi­li­sées plu­tôt que de dé­ci­sion­naires fi­nan­cières.

Le com­prendre, ce n’est pas se cher­cher des ex­cuses , c’est se don­ner les moyens de dé­cons­truire  un poids qui ne vient pas seule­ment de nous.  

Ré­sul­tat, pour beau­coup d’entre nous : on avance sans vrai­ment sa­voir où on  en est. On sent que “ça va” ou que “ça ne va pas”, sans pou­voir dire pour­quoi, ni  quoi ajus­ter.  

Pour­tant, trois in­di­ca­teurs suf­fisent pour com­men­cer à y voir clair. 

Le pi­lo­tage des coûts

Sa­voir ce que ton ac­ti­vi­té te coûte réel­le­ment, pas une es­ti­ma­tion vague, un  chiffre pré­cis. Sans ça, im­pos­sible de fixer un prix juste ou de sa­voir si un mois est  ren­table.

Le ta­bleau de bord KPI

Un ta­bleau de bord, ce n’est pas une usine à gaz. C’est une poi­gnée d’in­di­ca­teurs ,  ceux qui comptent concrè­te­ment pour toi, réunis au même en­droit, pour voir  d’un coup d’œil où tu en es. 

La ges­tion des coûts au quo­ti­dien

Ce n’est pas un contrôle une fois par an. C’est un ré­flexe ré­gu­lier, qui te per­met  d’ajus­ter avant que ça de­vienne un pro­blème plu­tôt qu’après. 

Un exemple, pour que ce soit par­lant.

Pre­nons Élo­die. Coach en re­con­ver­sion, elle fac­ture 600 € une pres­ta­tion  qu’elle pense “ren­table”. Néan­moins en lis­tant ses coûts réels : ou­tils, temps de  pré­pa, part de charges, temps com­mer­cial non fac­tu­ré, elle dé­couvre qu’elle  gagne à peine 180 € net sur cette pres­ta­tion. Sans ce chiffre, elle au­rait conti­nué à  se sen­tir « oc­cu­pée » sans ja­mais com­prendre pour­quoi son compte ne suit pas.

Voi­ci la mini-mé­thode qu’elle a uti­li­sée pour construire son pre­mier ta­bleau de  bord, en trois temps :

  1. Lis­ter tous les coûts liés à une offre;temps com­pris, pas  seule­ment l’ar­gent qui sort (ma­té­riel, abon­ne­ments, part de charges fixes, heures  de pré­pa­ra­tion va­lo­ri­sées à ton taux ho­raire).  
  2. Choi­sir 3 à 5 in­di­ca­teurs uni­que­ment : ex. marge par pres­ta­tion, nombre de  ventes/mois, coût d’ac­qui­si­tion d’une cliente. Pas plus : trop d’in­di­ca­teurs tuent le  pi­lo­tage. 
  3. Fixer un ren­dez-vous fixe avec ses chiffres, 15 mi­nutes, une fois par se­maine,  tou­jours au même mo­ment. C’est la ré­gu­la­ri­té qui crée la vi­si­bi­li­té, pas la com­plexité de l’ou­til.  
Tenue formelle et cravate illustrant l'idée qu'une femme peut, tout autant qu'un homme, gérer son budget avec légitimité
Et parfaitement acceptable : une femme qui gère son budget !

Pour­quoi le mettre en place avant  même de dé­mar­rer ?

C’est là que beau­coup passent à côté : on pense que les ta­bleaux de sui­vi ar­rivent  “quand l’ac­ti­vi­té aura dé­col­lé”. En réa­li­té, c’est l’in­verse.

Mettre en place ton sui­vi dès le dé­part, c’est te don­ner un œil aver­ti sur la san­té  de ton pro­jet , dès le pre­mier jour. Tu pi­lotes au lieu de su­bir. Tu ajustes au lieu de  dé­cou­vrir les pro­blèmes trop tard.

Ta san­té fi­nan­cière, c’est ta san­té mentale

Le stress lié à l’in­sé­cu­ri­té fi­nan­cière n’est pas “dans ta tête”. Il vient d’un manque de  vi­si­bi­li­té réel. Par ri­co­chet, ce flou pèse di­rec­te­ment sur ton éner­gie, ta clar­té, ta capa­ci­té à dé­ci­der se­rei­ne­ment.

La bonne nou­velle : ce stress a une so­lu­tion. Cette so­lu­tion, c’est de la méthode, pas du ta­lent inné. Ça s’ap­prend, à ton rythme, avec les bons re­pères.

En­vie d’y voir clair dans tes chiffres,  sans jar­gon ni prise de tête ?

Ce genre de su­jet, c’est exac­te­ment ce qu’on tra­vaille dans mes ac­com­pa­gne­ments, avec des ou­tils concrets pour construire ton propre ta­bleau de bord, pro­gres­sive­ment.

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